Une histoire d’amour

J’ai voulu moi aussi me confronter à la chance. J’ai ouvert au hasard The Classical Tradition et suis tombé sur un article consacré à Christine de Pizan dont je possède une oeuvre, les Cent ballades d’amant et de dame (je l’avais acquise il y a quelques mois après avoir entendu Jacques Roubaud la conseiller).

J’ai lu les treize premières ballades, dans lesquelles l’amant du titre peine à convaincre la dame de lui accorder un début d’amour.

Reposant le livre, je me suis senti dans une étrange temporalité, à l’entame d’une histoire écrite y a plus de six siècles, dont je ne connaît ni l’issue ni les développements poétiques qui doivent m’y acheminer. Cette amant et cette dame, imaginaires mais aux passions si intenses, ont leur existence suspendue (ma version de leur existence), et leur aventure ne reprendra que lorsque, de manière symétrique, j’interromprai mes propres activités pour continuer cette lecture qui les remettra en mouvement, ainsi que l’univers - l’anachronique Renaissance - dans lequel ils évoluent.